L’article L. 1142-1, II du Code de la santé publique prévoit un mécanisme d’indemnisation des accidents médicaux non fautifs lorsque plusieurs conditions sont réunies. Le dommage doit notamment être imputable à un acte de prévention, de diagnostic ou de soin, présenter un certain degré de gravité, et avoir eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé prévisible.
En pratique, lorsque la faute d’un professionnel ou d’un établissement n’est pas retenue, la voie CCI/ONIAM peut devenir centrale. L’ONIAM rappelle d’ailleurs que l’indemnisation est possible lorsqu’il n’y a pas eu de faute mais que l’accident médical est anormal.
La jurisprudence retient désormais de manière claire que l’anormalité du dommage peut être établie selon deux voies distinctes.
La première consiste à vérifier si l’acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l’absence de traitement. La seconde s’applique dans le cas contraire : l’anormalité peut aussi être reconnue si, dans les conditions où l’acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible.
C’est un point fondamental pour les victimes : un dossier ne doit pas être écarté au seul motif qu’un des deux critères ne serait pas rempli, si l’autre l’est.
Le premier critère conduit à comparer la situation effectivement subie par le patient avec celle à laquelle il était exposé si l’acte n’avait pas eu lieu. Si le dommage causé par l’intervention est notablement plus grave que l’évolution prévisible de l’état initial, l’anormalité peut être retenue. Cette approche a déjà été précisée par la jurisprudence antérieure, reprise ensuite dans la décision d’octobre 2025.
Lorsque les conséquences ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé, le dossier peut encore relever de la solidarité nationale si le dommage survenu présentait une probabilité faible. Cette probabilité s’apprécie concrètement, au regard de la situation du patient, de ses caractéristiques propres, de ses fragilités et des conditions de réalisation de l’acte.
Dans l’affaire jugée le 15 octobre 2025, la Cour de cassation a censuré une décision ayant raisonné comme si les deux critères devaient se combiner. Elle rappelle au contraire que l’anormalité du dommage est remplie soit lorsque les conséquences sont notablement plus graves, soit, dans le cas contraire, lorsque la probabilité de survenance du dommage était faible.
Cette précision est importante, car une mauvaise lecture de l’anormalité peut conduire à rejeter un dossier pourtant recevable. En pratique, un recours CCI ou ONIAM suppose donc de bien distinguer les deux raisonnements et d’éviter toute confusion entre gravité du dommage, évolution prévisible de l’état initial et fréquence du risque médical.
Dans ce type de dossier, les étapes les plus utiles sont souvent les suivantes :
Le site du cabinet met justement en avant son accompagnement en accidents médicaux, en expertise médicale et en procédure d’indemnisation, ce qui correspond à ces étapes clés.
L’indemnisation ne se limite pas au seul dommage immédiat lié à l’acte médical. En matière de dommage corporel, l’évaluation peut porter, selon la situation, sur les souffrances endurées, le déficit fonctionnel permanent, l’assistance par tierce personne, les frais futurs, l’incidence professionnelle, ou encore les préjudices des proches. Le site du cabinet rappelle qu’il intervient pour obtenir la réparation intégrale des préjudices des victimes.
Il n’existe toutefois ni barème magique ni garantie de résultat. L’évaluation dépend du dossier médical, de l’expertise, de la consolidation et de la manière dont chaque poste de préjudice est documenté.
Le site du cabinet CONSOLIN ZANARINI présente le cabinet comme exclusivement dédié à la défense des victimes d’accidents, d’erreurs médicales, d’agressions, d’accidents du travail et d’accidents de la vie, avec une activité à Marseille, Paris et La Ciotat.
Sur un dossier d’aléa thérapeutique, cela implique souvent de :
La distinction dépend de l’analyse du dossier médical et, très souvent, de l’expertise. Une complication grave n’implique pas automatiquement une faute. Inversement, l’absence de faute ne ferme pas nécessairement la voie indemnitaire si les conditions de l’accident médical non fautif sont réunies.
Elle permet de vérifier si le dommage subi sort de ce à quoi le patient était normalement exposé. Depuis la décision du 15 octobre 2025, il faut retenir que cette condition peut être remplie par l’un ou l’autre des deux critères rappelés par la Cour de cassation.
Pas dans tous les cas, mais la CCI constitue souvent une voie utile en matière d’accident médical, notamment pour obtenir une expertise et une orientation sur le régime applicable. L’ONIAM présente cette procédure comme un dispositif amiable public d’indemnisation.
Parce que le dossier se joue souvent sur la lecture des pièces médicales, la préparation de l’expertise et la qualification correcte du dommage. Une erreur d’angle peut conduire à discuter la faute alors que la question décisive est parfois celle de l’anormalité, ou inversement.
Si vous souhaitez faire analyser une situation d’aléa thérapeutique ou d’accident médical non fautif, le cabinet CONSOLIN ZANARINI peut examiner les pièces utiles, aider à identifier la procédure pertinente et préparer le dossier en vue d’une expertise ou d’un recours. Le cabinet intervient en matière d’accidents médicaux à Marseille, Paris et La Ciotat, ainsi que dans les autres zones mentionnées sur son site.